Dans le monde de l’éducation, on connaît bien les « techniques Freinet », mais la Méthode naturelle élaborée par Freinet et ses compagnons au début du 20ème
siècle reste quelque chose de flou, ou de trop « romantique », ou de « pas sérieux » et le mot « naturelle » est souvent mal interprété.
Freinet pensait que les techniques qu’il avait introduites en classe (imprimerie, correspondance, journal scolaire, texte libre, calcul vivant, coin documentation, classe promenade… ) étaient premières, indispensables et révolutionnaires pour instaurer une pédagogie populaire et libératrice. Il disait dans un Éducateur de 1937 : « La méthode est le but, la direction, la ligne, les techniques sont les moyens d’actions. » Mais, la méthode restait dans l’ombre et on ne parlait de Pédagogie Freinet qu’en termes de « techniques Freinet ». Il décide alors dans l’Éducateur de janvier 1952 : « On nous accuse parfois d'avancer empiriquement. Nous montrerons au contraire que nous abordons, d'une manière très méthodique, l'apprentissage des diverses disciplines que nous rénovons et que nous rendons efficient ».
Il y avait donc nécessité d’une méthode qu’ils appelleront, lui et ses compagnons, « Méthode naturelle d’apprentissage » et qu’ils développeront rigoureusement pour toutes les disciplines.
La Méthode naturelle est une manière d’apprendre par tâtonnement expérimental. En classe, ce
processus de tâtonnement prend sa source dans l’accueil des productions libres des enfants et vise la conquête des savoirs par la transformation progressive de ces productions et le travail coopératif. La Méthode naturelle englobe toutes les techniques Freinet (texte libre, correspondance, conférences d’enfant, réunion coopérative, etc.) qui entrent à son service. Elle renvoie à des savoir-faire pédagogiques et éducatifs très élaborés, suite à des décennies de travail créatif de Freinet, Élise, leurs compagnons et des nombreux militants qui ont suivi. Elle nécessite une (co)formation permanente, permettant d’affiner une écoute multiforme des enfants/adolescents et du groupe-classe, tout en développant une expertise dans les différentes disciplines. Elle a donc une identité propre, impossible à confondre avec d’autres pratiques de pédagogie active.
Après avoir présenté les principaux axes de la Méthode naturelle (vidéos, exemples de classe…), nous souhaiterions débattre avec les participants de cette question :
Doit-on toujours considérer la Méthode naturelle comme la matrice de la pédagogie Freinet ou
serait-elle devenue une idée dépassée face aux enjeux et mutations en cours du monde
contemporain ?
numero atelier
20
Durée de l'atelier
1 heure 30
Public concerné
Tout public
Lieu de l'atelier
E3
Groupe
Labo de l'ICEM